Quelques remarques sur le dépistage

Périodiquement, je vois surgir des commentaires parmi le grand public portant sur l’âge minimal pour être incluse dans le programme de dépistage du cancer du sein, la fréquence proposée et sur l’auto-examen des seins. Je souhaite donc vous livrer quelques remarques sur ces sujets.

Programme de dépistage du cancer du sein

Au Québec, les femmes de 50 à 69 ans présentant un risque moyen de cancer du sein sont invitées à passer une mammographie aux 2 ans à partir de l’âge de 50 ans. Le risque moyen est défini par le fait de ne pas avoir de signes ou symptômes associés au cancer du sein et de ne pas avoir de facteurs particuliers, par exemple des antécédents personnels de cancer du sein, un historique familial de cancer ou une mutation génétique problématique. Les autres femmes sont exclues du programme.

Les femmes ayant eu le cancer du sein ont un suivi médical adapté à leur situation. Les femmes à risque plus élevé sont invitées à discuter avec leur médecin bien avant la cinquantaine puisque dans ces cas le dépistage est généralement recommandé 10 ans avant l’âge de la personne la plus jeune à avoir eu le cancer. En cas d’historique familial, tous les cas ne sont pas équivalents. Par exemple, une soeur ayant eu un cancer du sein bilatéral agressif à un jeune âge augmente plus le risque personnel qu’une mère ayant eu un cancer du sein à un âge « normal ». C’est ma généticienne qui me l’a dit.

L’âge

Pourquoi seulement à partir de 50 ans?

  • 1 cancer sur 2 (50 %) est diagnostiqué dans ce groupe d’âge (50 à 69 ans).
  • D’après les connaissances actuelles:
    • Les avantages surpassent les inconvénients pour les femmes ciblées par le programme.
    • Avant 50 ans, les inconvénients augmentent et les avantages diminuent.
  • Moins de 20 % des cancers du sein se développent avant 50 ans.
  • Avant l’âge de 40 ans, les femmes ont souvent des seins denses (c’est à dire composé de plus de ligaments, de glandes et de canaux que de gras) et cela diminue généralement avec l’âge.
  • Les seins denses rendent la détection du cancer plus difficile car ils ont la même apparence sur le cliché mammaire.

La fréquence

Certains disent que 2 ans entre 2 mammographies c’est trop long et qu’il faudrait que ce soit chaque année. À mon avis, ils oublient un chose : la mammographie n’enlève pas l’importance de connaître et observer ses seins.

Les femmes avant 50 ans

L’absence d’un système de dépistage n’est pas le seul obstacle que peuvent rencontrer les femmes ayant moins de 50 ans. En voici quelques-uns:

  • N’étant pas dans le public cible, elles peuvent ne pas se sentir concernées et par conséquent être moins sensibilisées au cancer du sein.
  • Il y a plusieurs symptômes dont nous n’entendons jamais parler (peu importe l’âge).
  • Certains professionnels de la santé pensent que la patiente est trop jeune pour avoir un cancer du sein.
  • Certains médecins, incluant des spécialistes, sous-estiment les symptômes plus rares et agissent comme si rare était égal à jamais.

L’auto-examen des seins

Certaines personnes dénoncent le fait qu’au Canada il ne soit plus recommandé aux médecins d’enseigner l’auto-examen des seins à leurs patientes. Ce qu’elles ne disent pas et qui a été mal diffusé c’est que l’auto-examen a été remplacé par l’observation des seins. En fait, c’est l’enseignement de la technique particulière de l’auto-examen des seins qui n’est plus recommandée puisque selon les recherches la méthode utilisée pour observer et palper les seins n’aurait pas d’importance. Les femmes sont donc libres de s’observer et de se palper les seins de la manière qu’elles veulent et sont encouragées à le faire. Il faut également examiner les clavicules et les aisselles pour vérifier les ganglions lymphatiques. Tout changement nouveau et persistant, qu’il soit reconnu ou non comme un signe ou un symptôme de cancer, devrait être signalé à un médecin.

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