Annie Germain : mon parcours avec le cancer inflammatoire

Je m’appelle Annie Germain. En 2 semaines, j’ai plusieurs symptômes : augmentation du volume du sein, rougeur, chaleur, douleur, démangeaison, peau d’orange, mamelon rétracté et enflure de ganglions. Le diagnostic de cancer inflammatoire se confirme. Ma vie est changée à jamais. Les traitements reçus et la vie après les traitements.

L’apparition des symptômes

En juillet 2013, je commence à avoir des symptômes bizarres au sein gauche : augmentation soudaine du volume du sein (au moins 2 tailles de bonnet en 2 semaines), rougeur, chaleur, douleur, démangeaison, peau d’orange, mamelon rétracté et enflure de ganglions sous le bras. Comme j’ai entendu dire que le cancer du sein ne fait pas mal, je ne suis pas inquiète.

Mon diagnostic de cancer inflammatoire du sein

La première visite médicale

Le 26 juillet 2013, je me rends à la clinique sans rendez-vous près de chez moi. Le jeune médecin que je rencontre soupçonne fortement que j’ai un cancer inflammatoire du sein et non une mastite (infection). Il est inquiet et c’est la clinique privée ou l’urgence. Nous sommes le vendredi après-midi. Après m’avoir demandé mon avis, il téléphone lui-même pour me prendre un rendez-vous au privé pour le lundi au matin. Il me dit également d’aller directement à l’urgence si je commence à avoir un écoulement. C’est tellement rare qu’un médecin nous dit clairement qu’il est inquiet que ça nous fait paniquer encore plus…

Durant la fin de semaine, je fais des recherches sur internet puisque je n’ai jamais entendu parler de cette forme de cancer. Pratiquement rien en français et un peu en anglais. 3 mots revenaient presque toujours : rare, agressif et mortel…

Les examens

Lors de mon rendez-vous en clinique privée, une évaluation de mes risques d’avoir un cancer du sein, un examen clinique des seins et une échographie mammaire sont prévus. Juste me voyant, le chirurgien a décidé d’ajouter une mammographie et des biopsies. Le spécialiste me confirme que c’est bel et bien le cancer inflammatoire avant même le résultat des biopsies. Il me place immédiatement en arrêt de travail. Il me dit aussi qu’il s’attend à ce que j’aie des métastases puisque les 2 seins sont atteints.

Le lendemain, les résultats préliminaires des biopsies confirment que c’est malin. Diagnostic : cancer du sein bilatéral de stade 3b ER+/PR+/HER2+++, de type inflammatoire à gauche. Le bal des rendez-vous était commencé… Le 23 août 2013, j’apprends que je n’ai aucune métastase. À la surprise de plusieurs…

Au diagnostic, mes tumeurs mesurent 15 cm (6 pouces) du côté inflammatoire et 5,2 cm (2 pouces) de l’autre côté. Tout ça, en 2-3 semaines… À 5 cm, c’est considéré une grosse tumeur. Imaginez à 15 cm!

Mes traitements

Je fais de la chimiothérapie (4 × Doxorubicine et Cyclophosphamide aux 3 semaines suivies par 12 × Taxol à chaque semaine) du 20 août 2013 au 4 février 2014. Le Herceptin est ajouté le 19 novembre 2013, d’abord chaque semaine avec le Taxol puis aux 3 semaines ensuite, et ce jusqu’au 11 novembre 2014. J’ai eu une excellente réponse à la chimiothérapie même si elle ne fut pas complète. Il faut dire que nous partions de loin comme m’a dit mon oncologue. J’ai une mastectomie radicale modifiée bilatérale le 6 mars 2014. Je fais de la radiothérapie du 28 avril au 2 juin 2014. En avril 2014, mon oncologue évaluait mon risque de récidive à 50 % malgré tous ces traitements.

Le 4 février 2014, ma mère reçoit un diagnostic de cancer du sein non inflammatoire (stade 1, grade 1). Comme si ce que je vivais déjà n’était pas assez… L’hôpital m’a confirmé que c’est rare. J’ai passé des tests en médecine génique mais rien n’a été trouvé pour expliquer la situation.

Ma vie après les traitements

Je suis sous Tamoxifène depuis le 23 juin 2014. En février 2015, le Zoladex est ajouté lorsque nous constatons que la ménopause provoquée par la chimiothérapie était seulement temporaire. Il a été question que le Tamoxifène soit remplacé par l’exémestane (Aromasin). Ce ne fut pas fait pour ne pas risquer d’augmenter mes douleurs.

Plus de 2 ans et demi après la chirurgie, je suis toujours sans aucun signe de la maladie malgré de nombreuses séquelles dont : fatigue chronique, douleurs chroniques et lymphoedème. En date de novembre 2016, j’ai l’impression d’être tranquillement en train de commencer à reprendre du contrôle sur ma vie pour la première fois depuis le diagnostic…

0 Partages